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31.3.
Tradition et patrimoine culturel
Autrefois, la gestion d’un jardin potager était une tradition transmise de génération en génération, de mère en fille. Aujourd’hui, nous pouvons développer ces trésors culturels, les adapter aux nouvelles conditions climatiques et les préserver pour les jardins d’aujourd’hui et de demain.
« La diversité des semences biologiques fait partie de notre patrimoine culturel. »
Tulipan Zollinger, gardien de semences biologiques
Tulipan Zollinger s’engage dans l’entreprise familiale en faveur d’une grande diversité de semences biologiques. Des semences qui peuvent s’enraciner culturellement et localement.
Vous préservez un héritage culturel lié au jardinage. Comment faut-il comprendre cela ?
Zollinger : « Pendant longtemps, chaque logement était doté d’un jardin. Le savoir-faire en matière de conservation et de culture des variétés était transmis de mère en fille. Aujourd’hui, l’espace disponible a changé. Une partie de cet héritage culturel s’est ainsi perdue. Nous considérons que la préservation et le développement de semences adaptées aux conditions locales et climatiques relèvent de notre responsabilité culturelle. »
Et pourtant, le jardinage est très en vogue aujourd’hui ?
« On observe une évolution vers le jardinage urbain. Les jeunes sont inspirés à s’engager à très petite échelle. De nombreux jardiniers amateurs cultivent des légumes ou des herbes aromatiques dans des plates-bandes surélevées ou sur leur balcon. Comme les connaissances traditionnelles n’ont pas été transmises, le besoin d’aide augmente. Car à long terme, cette nouvelle génération a besoin de réussir. »
Qu’est-ce qui motive les jardiniers amateurs d’aujourd’hui ?
« Dans les pays du Sud, la culture personnelle reste importante pour la sécurité alimentaire. Chez nous, l’objectif n’est généralement pas l’autosuffisance, mais l’épanouissement personnel. Le ralentissement implique également de ne pas utiliser de produits chimiques et de cultiver malgré tout de beaux produits. Et on attend un certain confort. Il existe donc aujourd’hui des variétés de tomates qui ne poussent que jusqu’à 30 cm de haut ou qui peuvent être récoltées dès le mois de juin, c’est-à-dire avant les vacances d’été. »
Vous engagez-vous également dans des initiatives éducatives ?
« Absolument. Notre génération a une grande responsabilité envers les enfants. Ils doivent pouvoir découvrir comment et où les aliments sont produits. Le jardinage favorise non seulement le sentiment de réussite, mais aussi l’appréciation des aliments. »
Interview: Fanny Bucheli