Extraction d'or au Burkina Faso

Notre eau est empoisonnée

Oumarou_Maiga_ret

« Je m’appelle Oumarou Maiga* et je viens du Burkina Faso. J’ai 9 ans. J’habite depuis peu dans le petit village de Nouveau-Bissa. Il y a quelque temps, ma famille a dû déménager ici. Notre ancienne maison a été détruite pour laisser place à une mine d’or. Je ne suis pas heureux, je pense souvent à mon ancienne maison. »

Il y a quelques jours, deux hommes sont arrivés en voiture pour nous  dire qu’on ne pouvait plus boire l’eau de notre puits. Depuis lors, après l’école, j’attache l’âne à notre charrette et je vais  chercher de l’eau pour toute la famille au village voisin.

« C’est assez loin et il y a toujours une longue file de personnes qui attendent leur tour devant le puits. Je remplis un petit tonneau et cinq  bidons en plastique. Cela me prend trois heures chaque jour. Là où nous habitions avant, nous n’avions pas ces problèmes.

Nous avions dix vaches et dix chèvres. Aujourd’hui, nous ne  possédons plus que deux vaches et trois chèvres. Nous avons perdu beaucoup de terrains à cause de la mine. »

« Sur les terres qu’il nous reste, nous cultivons encore du millet, du maïs et du sésame. Mais les récoltes ne sont pas suffisantes et chaque année, pendant deux mois, nous ne mangeons que deux fois par jour. C’était mieux avant.

Quand je serai grand, je veux devenir infirmier, aider les gens et les soigner. J’aime bien l’école. Je veux apprendre et savoir beaucoup de choses. Ma passion est le football et j’y joue tous les soirs quand je reviens du puits. Mon rêve est de devenir un bon footballeur et d’être attaquant dans l’équipe nationale. »

*Nom d’emprunt.

Oumarou_Maiga_Maison
initiative multinationales responsables

De l’or raffiné en Suisse

Le cas d’Oumarou n’est pas isolé: à elle toute seule, la mine de Bissa a fait perdre à plus de 3000 femmes et hommes champs et maison. Les enquêtes menées par Action de Carême à proximité de trois mines aboutissent aux mêmes conclusions: l’extraction de l’or détruit les moyens de subsistance des populations locales, viole les droits humains et ne respecte pas suffisamment le droit de consultation des populations.

L’or extrait de ces trois mines est raffiné en Suisse par Metalor et Pamp, deux des plus grandes raffineries au monde. Les trois mines en question n’ont pratiquement que ces deux entreprises comme clientes. Les deux raffineries pourraient dès lors exercer une influence sur ces mines. Mais visiblement, elles ne le font pas assez.

Signez l’initiative « Pour des multinationales responsables » pour demander que les multinationales basées en Suisse prennent leurs responsabilités.

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