50 portraits de femmes

50 portraits de femmes

À l’occasion du jubilé du 50e anniversaire de la campagne œcuménique de nos deux organisations d’entraide, Pain pour le prochain et Action de Carême, nous avons décidé de dédier notre campagne aux femmes dont le travail reste souvent dans l’ombre.

 

Au détour de 50 portraits qui relatent brièvement leur histoire, vous pourrez découvrir le parcours de femmes extraordinaires, qu’elles soient jeunes ou âgées, célèbres ou anonymes, agricultrices, ouvrières ou avocates, qu’elles vivent en Suisse ou dans les pays du Sud. Ces femmes courageuses défendent leurs droits et leurs moyens de subsistance et luttent pour une économie qui respecte les droits humains et préserve l’environnement.

 

Ces 50 portraits de femmes feront l’objet d’une exposition sous le nom de « Ensemble, créons le monde de demain! 50 femmes prennent déjà part au changement ». Celle-ci aura lieu lors de la Soupe du jubilé des 50 ans de notre campagne œcuménique. Plus d’informations sur cette journée ici!

Sœur Nathalie est une chanoinesse de Saint Augustin de la Congrégation Notre-Dame. En tant qu’avocate, elle dirige le Centre d’aide juridico-judiciaire (CAJJ) à Kolwezi et fournit une assistance juridique aux victimes des mines. Sœur Nathalie est également secrétaire exécutive adjointe de la Commission épiscopale Justice et Paix.

« La pauvreté et l’injustice sont tellement criantes autour de nous qu’il est difficile de fermer ses oreilles et son cœur. »

« Je suis convaincue que nous avons toutes et tous droit au bonheur, à la paix et à la justice, c’est pourquoi je m’engage en faveur des pauvres et des marginalisé-e-s qui sont souvent victimes d’injustice et d’abus de pouvoir : des femmes violentées, des orphelin-e-s abandonné-e-s et des communautés locales impactées par les mines. Avec mon équipe du CAJJ nous sommes la voix de ces personnes et nous dénonçons les violations des droits humains. Nous les soutenons dans leur lutte pour faire respecter leurs droits face aux multinationales.

Alors que personne ne croyait à notre réussite, même si la loi était de notre côté, nous avons obtenu, après trois ans de négociations, une indemnisation pour une communauté dont les champs avaient été pollués par une grande entreprise minière internationale. Les nombreuses personnes qui ont influencé mon engagement sont des personnes ordinaires mais courageuses qui travaillent pour les oublié-e-s de la société. Je puise ma force en Dieu, dans la prière, mais aussi dans le sourire que nous rendons aux personnes désespérées et dans la solidarité qui existe entre les peuples, les communautés et nos partenaires.

Je rêve d’un monde dans lequel les droits de chaque être humain sont respectés, l’environnement est protégé et les femmes, qui connaissent la valeur de la vie, s’engagent pour faire changer le monde. »

Soeur Nathalie est notre hôte de notre campagne œcuménique 2019.

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La mine de cuivre de Kamoto Copper Company (KCC) près de la ville congolaise de Kolwezi est contrôlée par le groupe suisse de matières premières Glencore.

La longue attente au robinet : A Musonoi, l’eau ne coule que deux heures par jour.

Pour beaucoup de gens à Kolwezi, l’église est un refuge important en raison de leurs conditions de vie difficiles : la messe dominicale dans l’église Saint Jean dans le quartier Musonoi.

Nonhle Mbuthuma est agricultrice et guide touristique. Depuis dix ans, elle lutte contre le projet d’une mine de titane qui serait exploitée par une compagnie minière australienne et qui détruirait une surface de 2867 hectares dans une zone de protection marine. À travers son combat, Nonhle s’est tellement exposée qu’aujourd’hui, elle doit être protégée 24 heures sur 24 par deux gardes du corps et n’ose plus vivre dans son village.

« Soit nous laissons les mines s’implanter et nous mourons empoisoné-e-s, soit nous résistons et mourons sous les balles. »

« Je m’engage à défendre notre terre ancestrale dans la région d’Amadiba. J’ai été particulièrement influencée par une expérience : en été 2005, sans prévenir, des travailleurs d’une compagnie minière ont envahi nos terres avec des foreuses et des véhicules tout-terrain « pour prospecter ». Les forages ont commencé sur la plage, où peu de gens pouvaient les voir. Vers midi, ils sont venus à l’intérieur des terres pour forer, là où le jeune maïs poussait. Les vieilles femmes se battaient seules pour protéger leurs plantations. Au début, nous étions confus-e-s, mais ensuite nous nous sommes réuni- e-s et les avons forcés à stopper les forages. Le lendemain, nous avons demandé à notre chef Mtshoba de détruire toutes les structures en béton laissées par la compagnie minière et que s’il refusait de protéger notre terre, il n’était plus notre chef. Sous la pression de la foule qui le suivait, il a détruit tous les trous de forage. Nous lui avons dit : « Maintenant tu as détruit le travail de tes amis. Si quelqu’un est arrêté par la police, ce sera toi. » Mais la police n’est jamais venue. Je n’oublierai jamais ces deux jours. C’était le début de mon engagement contre les mines. Nous devons protéger la terre de nos ancêtres contre l’exploitation économique, c’est pourquoi nous avons empêché le début de l’activité minière sur la côte d’Amadiba pendant plus d’une décennie et développons nos propres projets de revenus locaux. »

Fin 2018, Nonhle Mbuthuma et le Comité de Crise d’Amandiba (Amadiba Crisis Committee), duquel elle fait partie, ont remporté une victoire sans précédent : menant une action en justice, le Comité a exigé d’être informé et consulté des projets de construction de mines dans leur région, ainsi que d’obtenir le droit de refuser la construction d’une mine. Maintenant, ils ont prouvé qu’ils avaient raison. Mais leur combat n’est pas encore terminé

Marta Tipuici est professeure et sociologue et appartient à l’ethnie indigène Manoki qui vit dans la région nord-ouest du Mato Grosso. L’habitat de son peuple est menacé par la déforestation massive et les centrales hydroélectriques. Marta a pris part à la Conférence des Nations Unies sur le changements climatiques (COP24) en Pologne en tant que représentante de la Rede Juruena Vivo et travaille à la préservation de la Juruena, une des rivières les plus importantes du Mato Grosso.

« En tant que gardien-ne-s de la forêt et des ressources naturelles, nous luttons pour notre droit à la vie, à l’eau et à la terre mais sommes menacé-e-s à tel point que le nombre de dirigeant-e-s autochtones assassiné-e-s a augmenté. »

« Au Brésil, le ministère de l’environnement donne son accord à certains projets liés notamment à la production d’hydroélectricité, dans l’unique but d’accroître le profit du gouvernement. Ces projets sont à l’origine de la déforestation et nuisent aux intérêts de la population, en particulier à celui des peuples autochtones, qui ont pris cette lutte à cœur. Pour réussir à présenter nos idées, nous devons occuper les espaces au niveau gouvernemental. Nous progressons pas à pas. Nous avons beaucoup travaillé au niveau local et avons collaboré avec d’autres peuples autochtones afin de nous battre ensemble.

À l’étranger, le discours du gouvernement ne reflète pas ce qu’il se passe dans notre pays. En réalité, nous mourons à cause des décisions prises par notre gouvernement, c’est pourquoi nous devons faire entendre la voix des peuples autochtones à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. Les dirigeants politiques, les grandes entreprises ainsi que les propriétaires fonciers devraient être punis pour les dégâts qu’ils causent à la vie des gens, aux animaux, aux rivières et aux forêts. »

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Gepostet von Fastenopfer am Sonntag, 23. Dezember 2018

« En nome de que – au nom de qui ? » demande l’organisation partenaire qui a produit cette vidéo, dans laquelle Marta Tipuici apparaît.

À l’âge de 19 ans, Sister Mary John Mananzan est entrée dans l’ordre de Saint Benoît dont elle a été prieuse de 2004 à 2012. Après avoir suivi des études de théologie et de philosophie en Allemagne, elle fut la première femme à recevoir un doctorat de l’Université pontificale de Rome. En 1985, elle a fondé un centre d’études sur le genre, le Institute of Women’s Sudies. Elle a écrit de nombreux articles et livres.

« Un policier m’a demandé lors d’une manifestation : Ma Sœur, ne devriez-vous pas plutôt prendre soin des âmes ? Je lui ai répondu : Voyez-vous des âmes ici ? Je ne vois que des gens. »

« En 1975, j’ai soutenu les grévistes d’une usine et suis devenue militante politique. Puis, lors d’une conférence sur les femmes, organisée par le Conseil œcuménique des Églises à Venise, j’ai pris conscience des problématiques liées aux femmes et à l’égalité entre les sexes. Cela a marqué le début de ma passion et de mon engagement pour l’autonomisation économique, politique, sociale et spirituelle des femmes ainsi que pour le changement des mentalités au sujet de l’égalité des sexes, auprès des femmes comme des hommes. Je travaille également pour la défense des droits des femmes et suis fière des changements qui s’opèrent déjà aux Philippines.

J’ai été fortement influencée par une de mes enseignantes, Connie Reyes Lopez, qui promouvait la curiosité intellectuelle et la passion de la vérité. En tant que sœur bénédictine, je puise ma force dans la contemplation, ce qui fait de moi une activiste contemplative. La pratique de la méditation orientale et du tai chi me donnent également de l’énergie.

J’aimerais que tous les Philippins et toutes les Philippines aient un toit, que les parents gagnent leur vie dignement, envoient leurs enfants à l’école pour s’instruire et que toutes les familles puissent profiter de leur temps libre ensemble. Je souhaiterais également que l’égalité entre les sexes soit une réalité et que les femmes puissent s’autonomiser. »

Juliette Li travaille pour la Fair Wear Foundation. Elle s’engage pour des conditions de travail équitables dans l’industrie textile, qui emploie plus de 75% de femmes à travers le monde, et vérifie que les directives liées à ses conditions sont respectées dans les pays producteurs.

« Nous pouvons toutes et tous changer le monde et nous ne devrions pas attendre que quelqu’un vienne nous sauver. »

« Je m’engage envers les travailleuses de l’industrie du vêtement qui sont exposées à la violence et au harcèlement sur leur lieu de travail. Dans certaines usines du Bangladesh, il a été possible de mettre en place un système de plaintes qui permet aux femmes de s’adresser à un organisme indépendant pour signaler le harcèlement et les violences subies.

Lorsqu’un cas de plainte est résolu ou que je vois les jeunes femmes sourire en apprenant quelque chose dans nos ateliers, cela me donne de l’énergie. Chaque réussite est un pas en avant.

Une expérience clé dans mon implication actuelle a été de parler à une femme du Bangladesh qui m’a dit : « Je veux faire de mon mieux pour subvenir aux besoins de mes enfants afin qu’ils n’aient pas à travailler dans des usines de vêtements comme moi. »

Je souhaite que chacun et chacune puisse évoluer dans un environnement qui respecte toutes les personnes, sans distinction de race, de sexe ou de religion, en accord avec les animaux et la nature. »

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(incl. #50StarkeFrauen #50DonneImpegnati)

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